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Flûte globulaire Xun

Un antique instrument

Une flûte globulaire, à l'heure synthétique, est un instrument que nous classons dans la famille des instruments traditionnels. Elle a la forme d'une goutte d'eau qui tombe, ou d'un globule, et est faîte de terre. Elle est caractérisée par son énergie et sa douceur et excelle lorsqu'elle prend la réverbération des lieux où on la joue ; un peu à la manière d'un orgue avec une puissance moindre.
Vous pouvez l'entendre, notamment, à la fin du morceau « Du Shi Bai Ling » : elle se trouve dans une pièce de grande taille et l'instrumentiste joue avec la hauteur du son en réduisant la puissance de son souffle.

Pourquoi traditionnel ? Parce que cet instrument existe au moins depuis la dynastie Shang (-1500 / -1000 avant j-c) et qu'il est répertorié, plus tardivement, dans le livre des rites qui nous transmet aussi une classification des instruments de musique selon le matériau de fabrication :

- métal : petites cloches à battant de bois, tenues à la main ; lourdes cloches suspendues, à battant métallique.
- pierre : phonolites de jade ou de calcaire.
- cuir : différents tambours, comme le tang-gu à deux membranes que l’on portait sur le ventre.
- calebasse : un orgue à bouche, le sheng encore utilisé de nos jours.
- bambou : flûte de Pan pai-xiao, flûte longue yo à 3 trous et di à 6 trous, flûte traversière zhi.
- bois : par exemple le tambour en bois zhu et le yü, racle au dos denté, en forme de tigre.
- soie : les 5-7 cordes de la cithare qin sont en soie ; sous sa forme actuelle, cette cithare mesure à peu près 1,20 m sur 0,20 m ; elle remonte à l’époque Shou ; la cithare se, plus récente, est longue d’environ 2,10 m et compte 17 à 50 cordes.
- terre : la flûte globulaire xuan, à 6 trous. (Source Guide illustré de la musique d'Ulrich Michels. Volume 1).
A l'époque, la musique est liée à la religion céleste : elle ordonne les sons de la gamme pentatonique selon leur équivalent cosmologique ; le son fondamental désigne le tout et les sons suivants le particulier. La musique est le reflet du monde et de la vie intérieure de l’homme.

Pour un jeune chinois, ce genre de sons ramène aux générations passées et sonne très daté. Il n'a rien à voir avec un certain avenir.

Cette flûte est souvent utilisée dans n-Naos pour personnaliser les nostalgies qu'éprouvent les jeunes, mais également pour représenter le nationalisme entretenu par l'état avec ses programmes de redécouverte de la richesse culturelle chinoise. C'est un moyen de trouver un fond commun à chaque chinois, de resserrer les rangs ; comme on le faisait en France avec un béret, du camembert et un litron de vin, il n'y a pas si longtemps, et avec une équipe nationale de foot de nos jours ; avec le sport de manière générale et les J.O. en particulier.
Nota bene : ne manquez pas les J.O. de Pékin de 2008 !